En chacun de nous déjà :     
                               
                     
                              •Chaque fois qu’à l’image des disciples enfermés, nous ouvrons les verrous que nous avons placés dans nos vies personnelles pour assurer notre tranquillité, c’est l’Esprit saint qui nous donne d’avoir ce courage : il est à l’action. Pierre Claverie, évêque d’Oran écrivait : «Je laisserai ma porte ouverte pour laisser l’inattendu faire irruption dans mon jardin japonais où chaque pierre a sa place. C’est ainsi généralement que Dieu intervient. Si j’ai tout prévu, je ne lui laisse aucune chance de m’atteindre ! L’humilité c’est s’effacer en ouvrant la porte, c’est laisser entrer quelqu’un. »
                             •Chaque fois que nous regardons les différences des autres plus comme une richesse, une chance qu’une menace, il est à l’œuvre en nous une fois de plus. Pierre Claverie l’exprime ainsi : «Chacun a un point de vue sur les choses, un point de vue sur la vie, nous ne pouvons comprendre la réalité qu’ensemble. En niant l’autre, j’efface une partie de moi-même, une partie de la réalité à laquelle je ne peuxplus accéder. Je me mutile.»
                                  •Chaque fois que nous faisons tomber les préjugés que nous avons sur les autres pour aller à leur rencontre, persuadés que l’Esprit saint est déjà à l’œuvre en eux, eh bien, il est en action en nous aussi. Ce que Pierre
Claverie exprime ainsi : «Nous sommes invités, avec force, à aborder tout homme, toute culture, toute religion avec «
sympathie» dans le souci de connaitre et de comprendre pour discerner l’action de l’Esprit saint à l’œuvre dans leur histoire. Rechercher et rejoindre la vérité de l’autre tel qu’il se veut.»
                                Pierre Claverie dit encore ceci : «Le maitre mot de ma foi aujourd’hui est le dialogue. Non par tactique ou par opportunisme mais parce que le dialogue est constitutif de la relation deDieu aux hommes et des hommes entre eux... Il n’y a pas de dialogue si nous croyons que nous sommes meilleurs que l’autre, plus forts que l’autre, plus saints, etc... La pauvreté est préalable à toute rencontre, à tout dialogue. Pour qu’il y ait dialogue et non superposition de deux monologues, tout doit commencer de part et d’autre par une question.» Toutes ces réflexions, Pierre Claverie les a élaborées à partir de son contact régulier avec les croyants musulmans qu’il a fréquentés. Il me semble que ces réflexions sont tout à fait adaptables au dialogue que nous voulons avoir avec nos frères de l’église orthodoxe et de l’église évangélique.
Voulez-vous en faire l’expérience ? Venez au repas des voisins de ce dimanche 2 juin derrière l’église orthodoxe Saint-Basile. Vous serez étonnés par le respect mutuel qui y est vécu.

 
Pierre Lemaitre