La réponse donnée était celle-ci : « La justification, c’est Jésus Christ qui vient me décharger du fardeau trop lourd de chercher par moi-même des raisons de justifierma vie. Le Seigneur me dit : « Ta vie est belle, il est bon que tu vives par-ce que j’ai donné ma vie pour toi. » Dès lors que l’on reconnait que no-tre vie est justifiée par le Christ, on ne peut plus être dans la recherchedu mérite ou dans une position de surplomb par rapport aux autres. Avec le Christ, les bonnes œuvres ne sont plus des conditions pour être justifiés mais plutôt ses fruits.
 
 
 
 
               Et celui qui est servi est-il justifié ? Les aidants ne peuvent plus se sen-tir supérieurs aux aidés puisque les uns comme les autres sont justifiés par grâce, puisque toute personne reçoit de Dieu sa dignité.
 
 
 
                Et de conclure : « Le chrétien est sauvé pour servir. »
 
 
                 Voilà qui nous réintroduit dans la gratuité. En ressuscitant Jésus, le Père a déclaré Jésus comme « jus-te » à ses yeux : il a parfaitement accompli sa volonté. Les êtres hu-mains ne peuvent vraiment deve-nir justes que s’ils participent à la justice du Christ. Jésus nous a fait une promesse de vie et il ne peut nous mentir.
 
 
              Tout ce que nous avons nous est donné gratuitement par Dieu en Jésus Christ. Donc nous n’avons plus à nous valoriser nous-mêmes à courir après les mérites mais à témoigner par une vie juste que nous nous savons aimés de Dieu au-delà de tout ce qu’on peut imaginer.
 
 
                Les commandements sont alors regardés comme les fruits que porte une vie attachée à celle du Christ. C’est le contraire de vouloir faire son salut à la force de ses poignets. Tout est don.
 

 
Pierre Lemaitre