Une petite page de l’histoire s’est écrite à St Joseph dès le milieu du XIX° siècle : la voici , puisée au cœur des archives paroissiales, extraite de pièces autthentiques. La vie paroissiale à Saint Joseph s’écoulait, comme dans les autres paroisses voisines, «à l’ombre de son clocher », un clocher, semblable à bien d’autres églises, que Monseigneur François de HERCE avait souhaité, pour mettre « le Bon Dieu » au plus près des paroissiens. C’est à Monsieur LECHENANTAIS , architecte diocésain, qu’il s’adressa donc pour sa construction. Il n’avait pas encore cette forme « aplatie » qu’on lui connaît. «  Un facheux accident, survenu au cours d’un orage le 7 juin 1930, entraîna de gros dégâts sur le clocher et provoqua des travaux qui en modifièrent la silhouette et donnèrent bien du souci a son pasteur » nous rapporte Jean GUEHENNEUC, historien de l’Evêché, dont je salue ici la mémoire. Néanmoins , « les cloches » y sonnèrent depuis la fondation de cette succursale en 1846 pour les fêtes religieuses et les évènements marquants de la vie des paroissiens. Le 19 janvier 1913, Monsieur l’abbé CHATELL IER, curé de St Joseph, accueillait Monseigneur Pierre Emile ROUARD pour la bénédiction des nouvelles cloches. Nous avons eu le plaisir de lire l’original de son allocution écrite avec soin, d’une fine et régulière écriture, aux figures de style de son époque ; il rapporte : «Le 5 janvier 1847, le premier curé de cette paroisse, Mr l’Abbé Dubigeon, baptisait la petite cloche qui sonnait encore tout à l’heure à votre arrivée. » Cette première cloche a été commandée en 1846 aux fonderies Voruz avec tout le matériel nécéssaire à son installation aux frais de la fabrique de St Joseph. Nous en connaissons le coût : 905,12 francs (francs-or,bien entendu) et la facture précise que cette cloche pesait 246 kilos 500. Qu’est elle devenue ?? Les Cloches aujourd ’hui Elles ont toujours marqué les heures, les temps forts des fêtes paroissiales, les événements joyeux ou graves, baptêmes, mariages ou sépultures .un cantique est composé à ce propos  dont l’un des couplets évoque les joies et les deuils qu’accompagnent les cloches : « Vous égaierez toutes nos fêtes, Vous gémirez sur tous nos deuils, N’avez-vous pas des hymnes prêtes, Pour nos berceaux, pour nos cercueils. » Ces cloches ont sonné le tocsin. Notre historien , Jean Guehenneuc nous partage le drame: « Le samedi 1er Août 1914, Monsieur le Curé reçoit l’ordre de sonner le tocsin. C’est la mobilisation générale….. Et le 23 août, le glas a sonné pour le premier soldat tué de la paroisse, il avait 22 ans. 41 fois, la cloche sonnera le glas. » Revenons à la bénédiction des nouvelles cloches , le 19 janvier 1913 : Mr le curé CHATELLIER poursuit : « Nous étions donc les seuls à n’avoir qu’une modeste petite cloche. Monsieur l’Abbé NOURRY acheta l’horloge que tous désiraient…. Aujourd ’hui, les paroissiens ont voulu ces cloches. Les Jardiniers se sont cotisés. Messieurs les propriétaires ont ouvert leurs bourses…. C’est ainsi qu’ils ont pu, tous ensemble, fournir la somme demandée par Monsieur BOLLEE, fondeur au Mans. Du travail qu’il a fait, vous avez admiré l’harmonie des sons que vous avez entendus… A lui, tous nos remerciements.  Merci à votre Grandeur d’être venu pour accomplir cette cérémonie du baptême des cloches. » Ces 3 cloches, baptisées par Mgr Pierre Emile ROUARD, portent les jolis prénoms : pour la plus grande, « HENRIETTE EMILIENNE », sans doute en l’honneur de Mr Henri LeLasseur de RANZAY , généreux donateur et petit fils du fondateur. pour la moyenne : « MARIE JOSEPH PIERRE » pour la plus petite : «  DONATIENNE JULIETTE » Alors, l’abbé CHATELIER , de la même plume pleine de verve, de conclure son allocution : « Et maintenant, Ô jeunes cloches, notre paroisse est attentive. Vos premiers sont lui seront doux. Que votre voix partout arrive ! Portez la joie au cœur de tous ! » Il y a quelques années, la Ville de Nantes remit en état et en route l’horloge et son imposant mécanisme. Le clocher a repris sa mission : marquer les heures de notre temps. Juillet 2008, la foudre a frappé à nouveau le clocher occasionnant des dégâts électriques importants : à ce jour, la paroisse – donc l’église St Joseph –bénéficie du « tout électronique » ! Mais on ne peut pas visiter ce modeste clocher : l’accès en reste encore dangereux…. En ces temps de Carême et de Fêtes Pascales, où les cloches occupent une belle place, rappelons – nous aussi notre enfance, « quand les cloches allaient à Rome…» Pour la plus grande joie des petits, elles ramenaient es œufs, des vrais, décorés ou teints, voire en chocolat… 2010 : Henriette – Emilienne, Marie Joseph Pierre, Donatienne-Juliette sont toujours là… Et elles nous accueilleront dans la joie de Pâques pour chanter à leur façon : « Alléluia, Christ est Ressuscité ! Alléluia, Christ est vivant ! »

Ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle que le quartier de Porterie (ou Portricq) devint paroisse. Il faisait partie intégrante de la paroisse de St Donatien. Au moment de la Révolution, cette paroisse a pour recteur Yves COAT, origninaire de Morlaix. Pendant près de trente ans, il sert la paroisse avec un dévouement sans limites. Il est incarcéré pour avoir refuser de prêter serment à la constitution et noyé en Loire dans la nuit du 16 au 17 novembre 1793. Quelle population ? Les habitants sont, pour une grande part, des laboureurs, des jardiniers, des journaliers. Il faut noter que le recteur Yves Coat est communément reconnu comme « le père des pauvres ». Porterie, avant 1845, ce sont quelques hameaux, regroupant des petites fermes pas bien riches. De Gâchet au Ranzay, les bords de l’Erdre appartenaient à la riche bourgeoisie nantaise. On peut citer le Bois-Hue, la Perverie, le domaine de Porterie, Le Fort, Clermont, le Ranzay... En matière de religion comme administrativement, Porterie dépendait de la paroisse de St Donatien mais ce village était un lieu bien isolé. Il existait bien des chapelles mais elles n’étaient guère utilisées : quelques rares mariages, encore moins de baptêmes… Cette situation durera jusqu’au milieu du XIXe siècle. 1844 : Une pétition « Portérienne » (1) Un peu partout, on construit de nouvelles églises, on crée de nouvelles paroisses. Le gouvernement d’alors soutient cette démarche. En décembre 1844, l’Evêque de Nantes reçoit, par l’intermédiaire de la Mairie, une pétition rédigée par les plus importants propriétaires qui soulignent l’isolement du quartier, le mauvais état des chemins, l’éloignement de l’église pour tous les sacrements. Ils demandent la création d’une paroisse qui s’étendrait entre le Port Durand (Bords de l’Erdre) et St Georges (route de Paris/la Haluchère) et les limites de la paroisse de Carquefou. René-François LELASSEUR propose un terrain pour construire l’église « en face de la Cour de Portericq, et à l’entrée de l’avenue de cette maison ». Dès février 1845, le conseil municipal émet un avis favorable, avec des réserves cependant. La commission qui a étudié la demande est soucieuse des deniers publics ; elle craint que « des frais d’entretien des monuments » ne soient un « sujet de dépenses assez considérables ». La création de la paroisse allait évidemment modifier la donne ; la nouvelle paroisse allait enlever à celle de St Donatien quelque 960 hectares et 843 âmes… lesquelles, loin des spéculations foncières, manifestèrent leur satisfaction lorsqu’elles eurent connaissance de l’Ordonnance Royale du 12 novembre 1845. L’ordonnance royale du 12 novembre 1845 Ministère de la Justice et des Cultes Ordonnance du Roi Louis – Philippe, Roi des Français A tous présents et à venir, Salut, Sur le rapport de notre Garde des Sceaux, Ministre secrétaire d’Etat au département de la Justice et des Cultes, Vu l’article 60 de la loi du 18 germinal an 10 ; Vu les propositions des Evêques et Préfets des Diocèses et Départements ci-après désignés, Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit : Article Premier Sont érigées en Succursales des Eglises des C ommunes ou sections de Communes dénommées en l’Etat suivant, avec leur nouvelle circonscription paroissiale, savoir : Diocèse de Nantes, département de Loire-Inférieure ; Ste anne de l’Hermitage, section de la ville de Nantes, St Joseph de Portricq, section de la ville de Nantes. Article 2 Nos Ministres Secrétaires d’Etat de la Justice et des Cultes, de l’Intérieur et des Finances, sont chargés, chacun en ce qui les concerne, de l’exécution de la présente ordonnance qui sera insérée au Bulletin des Lois. Saint-Cloud, le 12 novembre 1845 Signé : Louis-Philippe. On n’avait pas attendu l’ordonnance pour commencer les travaux. Un rapport du 14 juin 1845 signale : « l’église est en construction ; Engagement a été pris de fournir un presbytère ». En attendant la construction du presbytère, le curé sera logé à la « Cour de Portricq » autrement dit le manoir de Porterie », la « longère » située derrière la boulangerie. Le Temps des naissances L’acte de naissance de la paroisse Saint Joseph est signé par Mgr François de Hercé, évêque de Nantes. Il est constitué par une ordonnance datée du 28 septembre 1846. Dans une lettre du 3 février 1845, Mgr de HERCé avait fait part au Préfet de son intention « de proposer au gouvernement l’érection d’une « succursale » (paroisse ordinaire) sous le vocable de St Joseph, au hameau de Portricq, paroisse de St Donatien, commune de Nantes. » Le 30 septembre 1846 a lieu la bénédiction solennelle de l’église St JOSEPH, dont la première pierre avait été posée officiellement le 8 octobre 1845 ainsi qu’en témoigne l’inscription dont on a trace aux Archives Diocésaines de Nantes. C’est Pierre-Augustin DUBIGEON, d’origine vendéenne, ordonné prêtre en 1836, qui est nommé par Mgr DE HERCE : il restera 5 ans. C’est l’abbé Charles COTTINEAU qui lui succèdera. LE TEMPS des BATISSEURS (1845-1855). La vie de la paroisse est en plein essor. En 1854 est ouverte l’école, confiée aux sœurs de Saint Gildas grâce aux « largesses » de M. René François LELASSEUR. En 1856, les frères de Ploermel fondent une école de garçons. On comptera une soixantaine d’élèves entre 1856 et 1867. Au départ de l’abbé COTTINEAU en 1860, c’est l’abbé DENIAUD qui lui succède ; il vient de la paroisse Ste Croix, une paroisse du centre ville où il vient de passer 18 ans. Ses débuts sont marqués par un évènement important : la donation par M. Henri LELASSEUR et Mme de BEAUREPOS, sa sœur, à la fabrique de Saint Joseph de la maison, de la cour et du jardin du presbytère, acte daté du 30 mars 1861. L’abbé Deniaud quitte St Joseph en 1872 pour St Donatien. Lui succède Jean BRUNELIERE, professeur de lettres pendant 16 ans et vicaire à St Clément durant 2 ans ; il va rester trois ans ans à St Joseph, achevant le cycle des curés bâtisseurs. LE TEMPS des épreuves (1855-1875) L’abbé Brunelière s’en va et est remplacé par Joseph MOYON, de Saint Joachim. Son installation est des plus simples : pas de dignitaires écclésiastiques… l’abbé Moyon a exercé tout son ministère en monde rural. On sent un changement de style.. Il mourra en fonction à St Joseph en 1889. Son successeur dira de lui : « …M. Moyon était un homme bon et placide. Il était aimé des riches comme des pauvres et n’avait pas d’ennemis. » L’Eglise vit des temps difficiles avec les nouvelles lois de la République. 1905 et ses luttes n’est pas loin… Les curés de St Joseph doivent lutter … Ils y restent peu de temps en fonction ; ainsi l’abbé MARBOEUF (1889-1890) puis l’abbé NOURRY (1890-1893) et l’abbé GOURHAND (1902-1904). Seul l’abbé DEJOIE va rester neuf ans : 1893-1902). L’EGLISE RURALE : L’église s’est embellie de statues et de vitraux qui traduisent la dévotion populaire. La statue du saint patron de la paroisse est un don de l’abbé Joseph Moyon. De nombreux pèlerinages se succèdent à St Joseph, contribuant à la dévotion populaire auxquelles appellent les trois cloches bénies le 19 janvier 1913 : elles ont pour nom Henriette-Emilienne, la plus grande, Marie-Josephe-Pierre, la moyenne et la plus petite Donatienne-Juliette. Nous sommes à la veille de la Grande Guerre sous le pastorat de Pierre CHATELIER, curé de 1904 à 1920, sans doute le premier curé de l’époque moderne de St Joseph. C’est lui qui affronte l’offensive des « radicaux » contre les institutions ecclésiastiques. LA SEPARATION de l’EGLISE et de l’ETAT L’affaire des Inventaires se déroule dans la paroisse de façon assez curieuse : Les inventaires doivent avoir lieu le 22 février 1905 pour toutes les églises. S’en suivent injonctions et refus. Le commissaire du 2e canton apporte un dernier avis. Avertis, près de 200 paroissiens occupent l’église… Après la lecture de la protestation faite par le curé, M. Du FORT, président du Conseil de Fabrique, déclare : « C’est notre église ; donc pas d’inventaires. » Et le commissaire requis à cet effet, à son tour, de s’exprimer : « Je n’ai plus qu’à me retirer ». L’inventaire arrivera en Préfecture le 11 décembre… Un mystérieux procès-verbal pour « délit de messe » a été établi mais il n’y aura jamais de suite. La « coupure » entre l’Eglise et l’Etat se renforce. Le maire de Nantes, M. Gabriel GUIST’HAU, renonce à la politique de tolérance tacite de ses prédécesseurs à l’égard de écoles privées de St Joseph . Un terrain est acheté aux LeLasseur pour construire une école publique (transformée aujourd’hui en Maison des Asscociations). LA GRANDE GUERRE St Joseph paiera un bien lourd tribut : quarante et une fois, les cloches sonnèrent le glas… Au mois de mai 1917, s’installent les usines métallurgiques sur le lieu-dit St Georges, entre la ligne de chemin de fer et les limites de la paroisse. En novembre 1920, l’abbé Chatellier quitte St Joseph, nommé curé à Sion-les-Mines, dans le nord du département. Le temps des Œuvres et des évolutions (1920-1981) Trois curés se sont succédé entre 1920 et 1981 : ce sont les abbés Ferdinand SECHE, en 1920, venant de Chateaubriant où il avait passé 12 années comme vicaire, puis Eugène LAUNAIS, en 1947, originaire du vignoble, venant de la paroisse de Saint Jacques, et Paul CHEVILLARD, qui, après avoir été aumonier du lycée technique Livet, fut ensuite curé de Trignac prenant la suite à St Joseph en 1968. Homme de conviction et de devoir, Ferdinand Séché est un prêtre pieux et zélé, sans concession pour la modernité, défendant les droits de l’Eglise ; il partage les vues de son évêque, Mg LE FER de la MOTTE. Sitôt son installation, il est confronté au problèmes des écoles libres. Il sera obligé de faire appel des vicaires-instituteurs : l’abbé Julien MACHE, nommé instituteur à St Joseph en 1913 jusqu’à la déclaration de guerre, en août 1914. Il est remplacé par l’abbé BOUCARD jusqu’en 1923, où ce dernier doit quitter St Joseph de Porterie pour raisons de santé. Puis l’abbé DUPE est à son tour nommé vicaire-instituteur : il le restera jusqu’en 1939. UNE PAROISSE OUVRIERE VOIT LE JOUR Celle-ci a connu en 1924 la séparation des 2 territoires de St Joseph et de St Georges. L’abbé Séché ne s’y résignera jamais et l’orage du 7 juin 1930 qui occasionna de gros dégâts au clocher de l’église ajoutera aux soucis que portait M. le Curé. La même annéee, St Joseph accueille le remplaçant de l’abbé Dupé ; l’abbé Pierre YVERNOGEAU va y passer neuf années paisibles où il gagne la confiance du Père Séché avant que lui soit soit confiée la paroisse Saing Georges des Batignolles. L’abbé Yvernogeau, qui appartient à cette génération de prêtres qui ont découvert l’Action Catholique est vraiment l’artisan de son développement : le curé de St Joseph est fier d’accueillir le 10 décembre 1933 en sa paroisse la réunion diocésaine de la Jeunesse Agricole Catholique (J.A.C.-JACF). La guerre et l’occupation apporte son lot d’épreuves : prisonniers, service du travail obligatoire (S.T.O.), bombardements, etc. En juillet 1944, arrive l’abbé Yves GARNIER, jeune prête « dévoué, ardent et agissant », comme le note le Père Séché qui accepta de quitter sa charge, après 27 années, le plus long pastorat que connaîtront les paroissiens de St Joseph. C’est à l’abbé GARNIER que l’on doit l’existence de l’école St Yves. UNE ERE NOUVELLE POUR LA PAROISSE L’abbé Eugène LAUNAIS est nommé à St Joseph le 9 novembre 1947. Il continue l’œuvre de son prédécesseur, y apportant sa touche personnelle. Il convient de noter ici la fondation de la première équipe A.C.O. en 1957, qui traduit le « changement de physionomie de la population, actuellement 90 % de non-ruraux. » Les mouvements poursuivent aussi leur développement. Aidé de ses vicaires, Yves Garnier puis Jean BESSEAU, l’abbé Launais va mettre en œuvre et appliquer le Concile Vatican II. La réforme liturgique ouvre largement la porte aux laïcs. Eugène LAUNAIS quitte la paroisse en 1968 pour être remplacé par Paul CHEVILLARD. « Il vivait chichement dans une cure vétuste et sans chauffage. […]  Il se voulait proche des gens. » Il a voulu donner leur place aux laïcs. «  c’était un ardent défenseur des mouvements d’action catholique… » Pour lui, les affaires paroissiales étaient l’affaire de tous. Paul Chevillard quitte St Joseph au printemps 1981 pour un repos bien mérité. Déjà, la paroisse de St Bernard a été rattachée à celle de St Joseph où une équipe de prêtres s’installe après la réhabilitation du presbytère et des salles paroissiales. LES DECENNIES DE LA FIN DU XXe SIECLE Au départ du Père Chevillard, les 3 paroissses, St Joseph de Porterie, St Georges des Batignolles, et la nouvelle paroisse de St Bernard, passent sous la houlette de Jean FAVREAU, de 1981 à 1986 puis Charles DANIAU, de 1986 à 1991. Il est appelé pour être curé de la paroisse St Anne. Philippe PRIOU en est nommé responsable de 1991 à 1998. C’est à lui qu’incombera d’organiser les fêtes du centcinquantenaire de la fondation de la paroisse, célébré le 16 octobre 1996. Puis délaissant l’église en brique des Batignolles, devenue dangereuse pour les paroissiens, l’église Saint Georges est érigée boulevard de La Beaujoire et consacrée par Mgr Emile MARCUS en 1995 . Ici et là , à travers le territoire, s’élèvent immeubles, tours et autres maisons qui changent le visage des quartiers ; une population rajeunie occupe les nouveaux lotissements tout nouvellement créés. Pour mémoire, on peut citer l’Embellie, la Fontaine Caron, De nouvelles écoles voient le jour dans le quartier,( Maisonneuve, Linot, Louis Pergaud), d’autres ajoutent des classes aux classes et modernisent leurs locaux… L’Atlanpole et ses écoles supérieures, (École des Mines, ISITEM, École supérieure du Bois, École Vétérinaire, de Design,etc…) drainent une jeunesse dynamique et active. En 1998, André LANDAIS vient remplacer Philippe Priou qui s’en est allé prendre la responsabilité de la paroisse de Couéron. Pendant ce temps, l’état de l’église St Bernard s’est dégradé : dégradations diverses, toiture de moins en moins étanche, chauffage… Ont conduit à la décision de construire non loin de là une nouvelle église, moderne et fonctionnelle, le long de la route de St Joseph. La première pierre en fut posée par Mgr Georges SOUBRIER et Bernard HERVOUET reçut la mission de conduire ce chantier et en présider les travaux. Il en sera nommé le premier curé. André Landais demande à être déchargé de la responsabilité de la paroisse qui ne compte plus désormais que deux clochers. Quittant la paroisse de Saint Dominique dont il avait la charge, Jean Joseph FOUCHER est appelé pour le remplacer en octobre 2000. Il va à son tour connaître les évolutions d’un paroisse « rurbaine » : suite à la réflexion épiscopale de Monval en 2002, le « remodelage » des paroisses est mis en œuvre, entraînant des changements à travers tout le diocèse de Nantes. C’est ainsi qu’en septembre 2003, nos deux paroisses forment une seule entité qui a pour nom : « Saint Joseph et St Georges ». . LE VINGT ET UNIEME SIECLE et sa première décennie Au cours des 8 années passées à St Joseph, Le Père Jean Joseph FOUCHER aura à gérer lui aussi des difficultés matérielles de tous ordres. Les « Monuments historiques », les services municipaux, ferment l’église St Joseph pour réparer la toiture et refaire la voute. Les travaux dureront plus de 2 années… interdisant l’exercice du culte pendant toute cette période. Notons également qu’en l’année 2005, la communauté orthodoxe de Nantes vient s’établir à proximité de l’église St Georges. Saluons l’excellent climat de confiance et de solidarité dans un souci commun et grandissant d’un œcuménisme partagé. Et la vie continue… Le Père Foucher est parti à Vertou rejoindre l’équipe de St François des coteaux en qualité de prêtre coopérateur. C’est à l’abbé Dominique BREVET, homme jeune et dynamique, qu’il revient aujourd’hui de conduire vers l’avenir notre paroisse. St Joseph & St Georges, paroisse nantaise s’il en est, connaît une forte expansion démographique : plus de 1 400 logements vont accueillir d’ici 2020 plus de 3 000 personnes, donc de nouveaux paroissiens, jeunes et moins jeunes, qui auront besoin d’étancher leur soif de la Parole de Dieu, besoin de vivre et de partager, de voir à leur tour grandir leurs enfants… EN GUISE DE CONCLUSION…. Citant Jean GUEHENNEUC, prêtre historien diocésain, nous nous rappelerons qu’il nous invitait déjà en 1995, lors du 150e anniversaire : « à demeurer ouverts sur un avenir que nous ne connaissons pas mais qui demandera aux chrétiens une nouvelle forme de présence à un monde qui suit son histoire… Le souhait est que se poursuive cette histoire où la fidélité au passé ne peut être qu’adaptation aux nouvelles conditions d’une société qui a accepté le pluralisme dans la découverte de l’autre… Puisse cet esprit animer celles et ceux qui auront à vivre dans ces quartiers où le modeste clocher de St Joseph reste un point de repère. » sources : Louis Le Bail Jean Guehenneuc Archives paroissiales

Les recherches se poursuivent au cœur des archives paroissiales qui recèlent parfois de petits trésors… par exemple, le plan sommaire de la future implantation de l’église St Georges…. à l’angle du boulevard des Batignolles et de la 26e rue de la cité Baratte . Elle « faisait » 22,85 m de long sur 12,35 m de large. L’exemplaire de La semaine religieuse daté du samedi 26 mai 1924, nous parle de l’érection de la nouvelle paroisse Saint Georges (commune de Nantes) : Nous, Eugène Louis Marie LE FER DE LA MOTTE, évêque de Nantes, « Attendu qu’il y a nécessité d’ériger une nouvelle paroisse pour subvenir aux besoins spirituels de l’importante agglomération ouvrière qui s’est établie autour des usines avoisinant la station de Saint-Joseph-de-Portricq ; « Attendu que déjà une église est construite au centre de cette agglomération ; « Attendu que, dans les territoires de la future paroisse, se trouve inclus un quartier dit de St Georges, où jadis était une chapelle et où florissait un culte en l’honneur du saint de ce nom, avons ordonné et ordonnons ce qui suit : Article I – L’église récemment élevée au milieu des cités ouvrières… est érigée en église paroissiale, sous le vocable de Saint Georges. » … Et dans l’article III, 3), on découvre alors des éléments topographiques qui relèvent de la curiosité typographique : « La nouvelle paroisse sera délimitée… du côté de Saint Joseph de Portricq : la route de Paris, du chemin de la Garde jusqu’au chemin dit « des Pièces » ; le chemin des Pièces (NDLR : où est-il ? merci d’informer), le chemin des Pièces jusqu’à la route de Carquefou - La route de Carquefou jusqu’à la naissance du boulevard St Georges – Le boulevard St Georges (NDLR : où est-ce ??) jusqu’au chemin de « L’ABEAUGEOIR » (sic) - le chemin de « L’Abeaugeoir », jusqu’à la route de St Joseph – La route de Saint Joseph comprise entre le chemin de l’Abeaugeoir et le mur sud de la Haute-Bretonnière … jusqu’à l’Erdre ». Voilà des curiosités que le nouveau cadastre d’aujourd’hui a gommées… Et cette petite église en bois, rouge , au toit d’ardoises bleues à l’instar des maisons ouvrières qui l’entouraient, à savoir les cités Baratte, Halvêque et Ranzai, a connu le temps de la bénédiction de « sa » cloche par Mgr Le Fer de la Motte, …« un seigneur de grande race, [dixit Jean Guehenneuc, historien diocésain] peu favorable à la nouvelle Action Catholique Ouvrière qui se développe en marge de son autorité et peu sensibilisé aux questions sociales, mais malgré tout soucieux de « subvenir aux besoins spirituels de l’importante agglomération ouvrière ». En effet, cette petite cloche tintera une dizaine d’années après la fondation de cette nouvelle paroisse ! C’est en février 1935 que « Les Fils de Georges PACCARD », maîtres-fondeurs de cloches à Annecy-le-Vieux, annonçaient la livraison de la nouvelle cloche qui pèse 130 kg. Nous en avons retrouvé l’original du courrier ! Cette « campane » ( de « campana » en italien qui veut dire « cloche ») est celle-là même que le Père GUILLO a fait installer : elle appelle encore aujourd’hui les paroissiens à venir prier… et son doux tintement rappelle à bon nombre d’entre nous de tendres souvenirs d’enfance. Quel est son nom de baptême ? Les archives sont muettes ! Certes, ce n’était pas l’affaire des fondeurs, mais qui sait…. Qui saurait ? Merci aux passeurs de mémoire… Depuis 1991, cette petite « Paccard » a été réinstallée sur un joli campanile de béton derrière l’église St Georges… et elle nous rappelle, en ce jour de Pâques, que nous fêtons la Résurrection du Seigneur. Yves Templé