Pape François, tu es coupable pour tant et tant de coeurs dits «infidèles», « excommuniés» et «
impurs» qui ont redécouvert, grâce à toi, le beau visage du Christ plein de tendresse et de miséricorde.
Tu es coupable parce que «tu appelles les choses par leurs noms» et tu ne t’empêches pas de rappeler aux évêques qu’ils ne sont pas des pasteurs d’aéroport mais doivent porter « l’odeur de leurs brebis». Tu es coupable parce que tu as déchiré les pages de l’intolérance, des morales stériles et sans pitié, et tu nous as offert la beauté de la compassion, de la tendresse et de la sincérité. Tu es coupable parce que tu nous as ouvert les yeux, ceux de l’intelligence et de la raison, mais surtout les yeux du coeur... Tu es coupable de vouloir porter la croix de l’Église au lieu de détourner le regard, d’être indifférent aux
douleurs et aux larmes des hommes de notre temps.
 
 
              Tu es coupable parce que tu ne supportes pas les crimes odieux faits au nom de Dieu et ceux qui parlent de Dieu mais vivent contre lui. Tu es coupable parce que tu cherches la vérité et la justice, par la miséricorde, au lieu de faire taire, cacher, minimiser ou ignorer. Tu es coupable parce que tu ne veux plus d’une Église de privilèges et d’avantages, de gloires, et que tu nous apprends la force du service, la richesse du lavement des pieds et la grandeur de la simplicité.
 
 
            Pape François, laisse-toi blâmer pour ces « crimes». Tu sais qu’à tes côtés, ils sont innombrables, ces hommes et ces femmes qui, comme toi, ne sont pas des anges, mais des personnes
fragiles, des pécheurs, qui espèrent que le Christ veille sur nous et pour nous. Tu sais qu’avec toi, il y a une immense procession de cœurs qui prient pour toi à chaque instant; pour toi, ils risqueraient leur vie. Ils te suivent comme des brebis qui font confiance à leur pasteur. C’est le Christ qui t’a mis à la barre de cette «barque» qu’est l’Église. C’est le Christ qui te donnera les forces pour poursuivre ce
chemin de «culpabilité» qui fait tant de bien au monde et à l’Église.
 
                 Cher pape François, merci d’être « coupable» de rendre belle l’Église comme la rêve Jésus.
 
 
Père Antoine Teixeira